Paris est un musée à ciel ouvert. Au détour d'une rue, d'une place où d'un jardin public, il n'est pas rare d'y découvrir de superbes sculptures, de belles statues, et souvent signés par de grands maîtres.

A Saint-Germain-des-Prés, dans le square Laurent Prache, près de l'église Saint-Germain, j'ai découvert un superbe buste de Dora Maar, l'une des compagnes de Picasso.

Square Laurent Prache (Paris 6ème) : Monument à Guillaume Apollinaire

Picasso et Dora se sont rencontrés tout près d’ici à la Terrasse des Deux Magots. Lui est déjà un artiste célèbre, elle une jeune photographe fervente partisane de la révolution surréaliste qui secoue Saint-Germain des Prés.

Elle suit Picasso dans son atelier tout proche de la rue des Grands Augustins et devient la première à le photographier en pleine création. Le génie catalan finira par la quitter. Dora poursuivra sa vie d’ermite dans son petit appartement de la rive gauche jusqu’à sa disparition en 1997.

Square Laurent Prache (Paris 6ème) : Monument à Guillaume Apollinaire

L’inauguration officielle du buste de Dora Maar, eu lieu le 5 juin 1959, en présence d’André Salmon et de Jean Cocteau, mais Picasso ne fit pas le déplacement pas plus qu’André Malraux, le tout nouveau ministre de la Culture. Par ailleurs, les rivalités artistiques, esthétiques, voire politiques, assez virulentes, expliquent qu’André Breton et ses séides aient bruyamment manifesté contre la présence de Cocteau à la manifestation.

Dans la nuit du 30 au 31 mars 1999, le bronze (80 kilos quand même…) fut détaché de son socle de ciment et enlevé sans bruit. Ce n’est qu’au petit matin qu’on s’aperçut de la disparition.

Square Laurent Prache (Paris 6ème) : Monument à Guillaume Apollinaire

L’énigme dura plusieurs mois, et personne ne porta attention à l’étrange découverte faite quelques semaines plus tard, à une cinquantaine de kilomètres de Paris, dans la commune d’Osny (Val d’Oise). Dans les fossés entourant le château de Grouchy qui abrite la mairie, des jardiniers trouvèrent une masse assez informe recouverte de vert-de-gris et de mousse.

Le maire d’Osny signala l’étrange trouvaille aux autorités compétentes et, en attendant leur décision, le buste mystérieux fut nettoyé et tout bonnement exposé dans le Château.

Ce n’est que le 17 décembre 2001 que le buste retrouva sa place d’origine.

* Pour en savoir plus : ICI

Retour à l'accueil